L'Européanité, cela existe ou pas ?

classe de première

du texte au tableau, du tableau à la carte

Document de base : enquête réalisée en 2001, sous le titre "PERCEPTIONS DE L’UNION EUROPÉENNE ATTITUDES ET ATTENTES A SON ÉGARD. ÉTUDE QUALITATIVE AUPRÈS DU PUBLIC DES 15 ÉTATS MEMBRES ET DE 9 PAYS CANDIDATS A L’ADHÉSION". 694 Européennes et Européens, de catégories socio-économiques hautes, moyennes et basses, âgés de 25 à 60 ans, ont été interrogés.

Pays choisis par les enquêteurs : les 15 de l'UE + 9 des 10 pays candidats pour une entrée dans l'UE en 2004, à savoir les 3 états baltes, la Slovénie , Chypre, la Hongrie, la République Slovaque, la République tchèque, la Pologne, (mais pas Malte), pays candidat pour 2007: la Roumanie.

Enquête réalisée pour le compte de la commission européenne, par l'OPTEM disponible sur : http://europa.eu.int/comm/governance/areas/studies/optem-summary_fr.pdf

Proposition d'activités (introduction au cours sur l'UE en première -on peut également imaginer ce type d'activités en terminale notamment pour les TPE-)

Après une présentation à la classe (première) des conditions de réalisation de l'enquête, les élèves sont amenés à découvrir ou redécouvrir la constitution actuelle de l'U.E. ainsi que les élargissements envisagés à plus ou moins longue échéance (manuel de la classe ou carte en ligne)

scénario 1 / Les élèves en groupe travaillent directement à partir de l'enquête (constitution possible de groupes à partir des différentes parties de l'enquête) afin de réaliser une synthèse qui prendra dans un premier temps la forme d'un tableau puis celle de cartes.(Synthèse cartographique)

1H30 (lecture texte + réalisation du tableau de synthèse + réalisation d'une légende, attention une partie du travail -analyse de l'enquête- est réalisée hors temps de classe). Dans le cas présent l'appropriation du document est plus approfondie et la réalisation de la légende plus rapide que dans le scénario 2.

scénario 2 / Les élèves travaillent directement à partir d'un tableau de synthèse proposé par le professeur afin de réaliser une synthèse cartographique.

1H lecture du tableau + réalisation d'une légende

Bilan / une fois les cartes réalisées, chaque groupe présente et commente sa carte à la classe. Si certaines appellent à un constat sur une situation donnée, d'autres laissent des points d'interrogation en suspens. A titre d'exemple le cas de la Lettonie qui semble nourrir de nombreuses inquiétudes sur son avenir au sein de l'UE. Pour prolonger le débat on peut proposer aux élèves de choisir de suivre le "destin" d'un ou de plusieurs états par exemple candidats au cours de l'année scolaire (presse du lycée / Point info Europe de sa ville, Point info du Conseil régional) en fixant des temps de mise en commun devant la classe sur chacun des trois trimestres.

Propositions de synthèse sous forme de tableau (chaque proposition est associée à une carte)

SENTIMENTS SUR LA SITUATION DU PAYS HABITE ET SUR SES PERSPECTIVES d'AVENIR ?

CE QUE PENSENT LES EUROPÉENS DE L'UNION EUROPÉENNE ET DE SON ÉLARGISSEMENT

CONNAISSANCES ET PERCEPTIONS DE L’UNION EUROPÉENNE

DE QUEL TYPE D'UNION LES EUROPÉENS RÊVENT-ILS" ?

L'EUROPE PEUT-ELLE FAIRE FACE AUX ÉTATS-UNIS ?

 

Constat 1

États membres (15)

Pessimistes quant à la situation de leur pays et inquiétudes pour l’avenir.

États candidats (9)

Idem ( dans la perspective de l'adhésion : demandes formulées d'une protection des économies nationales plus fragiles) mais satisfaction quant à l'instauration de régimes démocratiques

Constat 2

Amélioration économique souvent peu évoquée

Exception cependant : états du Sud de l’Europe, Portugal, Espagne, Grèce + Irlande : reconnaissance de l'importance de l'aide communautaire, dans ce domaine; Finlande, amélioration éco reconnue ; Pays-Bas et Suède, confiance dans l'avenir et dans les systèmes économiques et sociaux du pays

Des avis qui diffèrent quant à la situation économique :

des optimistes = progrès cités dans des pays à niveau de développement assez élevé (Slovénie , Estonie, Chypre, Hongrie, République tchèque)

des pessimistes : Pologne et Lettonie

Les Roumains : cas à part. Avec un pays dans une situation générale très dégradée, l'optimisme se maintient.

voir également le III du dernier tableau III Que penser des futurs élargissements ?

Explication pour les États membres

Peurs liées à la rapidité de changement de la société ex: domaine des TICE, maladie de la vache folle)

Sentiment fréquent d’une perte de valeurs, d'un déclin de la solidarité (dénonciation de poches de pauvreté, de la consommation de drogues, de la montée de la criminalité et de l’insécurité, peur de l'immigration )Dénonciation du libéralisme économique (évocation d'une dégradation des services publics, d'écarts grandissants entre très riches et très pauvres).

Explication pour les États candidats

sentiment d'une
dégradation depuis la fin du rideau de fer.
mêmes craintes + dénonciation d'une corruption forte chez les hommes politiques + dénonciation de problèmes de criminalité

maintien d'un retard face aux pays de l'ouest, en terme de développement économique; dégradation des services publics

 

Question 2 CE QUE PENSENT LES EUROPÉENS DE L'UNION EUROPÉENNE ET DE SON ÉLARGISSEMENT carte /

textes pour aller plus loin sur la question de l'élargissement et des frontières de l'Europe

Constat 1

la définition géographique est placée après d'autres critères et se caractérise avant tout par la désignation d'états qui ne font pas partie de l'Europe (la Russie sauf partie occidentale, l’Ukraine et la Biélorussie, la Turquie). Évocation d'un ciment culturel. L'Europe est un lieu de brassage et d'échanges sur le long terme.

Constat 2

la définition de l'Europe est donc d'abord historique et culturelle , on peut alors parler d'Européanité, mais distinction nord-sud à introduire.

Définition des deux espaces nord-sud dans l'enquête

"Nord" réduit
"Sud" très vaste

Minorité de pays

Pays membres : (Royaume Uni – peu s'y considèrent comme européens – Pays- Bas, Danemark, Suède)

Candidats : certains Estoniens, certains Tchèques également, certains Lettons

Forte majorité des pays européens membres de l'UE ou candidats (en réalité au Sud des pays cités en colonne précédente, au Centre, et à l' Est de l'Europe)

Caractéristiques

protestantisme = rigueur

Réticence face aux notions communautaires

influence au Royaume Uni, Pays- Bas, Danemark, du modèle familiale "nucléaire absolu" = liberté + inégalité

Caractéristiques

catholicisme ou orthodoxisme

pays autrefois intégrés à des empires : romain, byzantin, Saint Empire romain germanique, des Habsbourg, napoléonien = habitude de la fréquentation des autres

Pour classer les réponses des personnes interrogées sur ce thème 2 trois critères sont retenus :

-sentiment d'une unité historique et culturelle

-sentiment de supériorité ou de spécificité du modèle de société reconnue

-empathie pour les autres états en Europe

sentiment d'une unité historique et culturelle sentiment de supériorité ou de spécificité du modèle de société reconnueempathie pour les autres états en Europe

"Nord"

Pays membres
faible
fort
faible notamment à l'égard du Sud (voire mépris)
Candidats
forte

avant tout pour les pays les plus développés du Nord - Ouest (Estonie, Rép. tchèque)

Remarque : en Lettonie tendance au repli sur soi (sentiment de grande fragilité ressenti) .

"Sud"

Pays membres
forte

oui mais variable

(évocation d'un lien culturel fort ressenti par les Belges, les Luxembourgeois les pays latins, et ceux d’Europe Centrale, mais moins marqué chez les Allemands (disparités ressenties), les Irlandais (insularité), les Finlandais
(enclavement)

Candidats
forte

note : la disparité Nord-Sud a tendance à s'accentuer avec le temps.

Question 3 CONNAISSANCES ET PERCEPTIONS DE L’UNION EUROPÉENNE

DANS LES ETATS-MEMBRES

Première partie : IMAGE GÉNÉRALE DE L’UNION EUROPÉENNE carte

Image globalement positive = le "Sud"

Pour une Union Européenne forte, dépassant le seul domaine économique, face notamment aux États-Unis. Avenir politique à construire.

Conscience des bienfaits qu’apporte l’appartenance à l’Union = "eurofaveur".

 

des nuances selon les cas :

-Portugal, Irlande : forte "eurofaveur"

-Italie, méfiance manifeste à l'égard des organismes institutionnels (européens comme nationaux)

-Espagne, Grèce : sentiment d'être en retard économiquement et de compter moins que d'autres états

-l'Union européenne, une obligation :

*pour les pays dont la portée internationale est faible (Belgique et Luxembourg)

*pour les états isolés (Finlande)

*pour les états qui ont eu pour voisin le bloc de l'est (Autriche)

-France, Allemagne : souhait d'une définition précise de l'avenir de l'Europe en dehors du champ économique.

Image globalement négative = le "nord"
forte défiance à l’égard de l’Union Européenne utilité de l'adhésion dans le domaine économique uniquement

Royaume-Uni, Pays- Bas, Danemark, Suède (plus nuancée).

 

Deuxième partie : NIVEAU DES CONNAISSANCES SUR LES INSTITUTIONS DE l'UNION EUROPÉENNE carte

 

Plus grand
Plus faible

pays eurofavorables « du Sud » (Irlande incluse)

pays pro-communautaires, la Belgique et le Luxembourg

pays ayant récemment adhérés

grands pays de l’Union , la France, l’Allemagne, l'Italie
et surtout le Royaume Uni

 

DANS LES ÉTATS CANDIDATS

Première partie : IMAGE GÉNÉRALE DE L’UNION EUROPÉENNE

Attitudes positives à l'égard de l’Union Européenne
Slovénie , Roumanie, Chypre, Hongrie, République Slovaque.

Image d'une union limitée à l’économie, et moins empreinte d’idéal

République tchèque , Estonie, Lettonie, Pologne

 

Deuxième partie : NIVEAU DES CONNAISSANCES SUR LES INSTITUTIONS DE l'UNION EUROPÉENNE

 

Généralement faible, mais dans certains pays, plutôt meilleure que dans la moyenne des Etats-membres

 

Question 4 De quel type d'Union les Européens "rêvent-ils" ?carte

I Un service public de qualité au service du bien-être de tous les citoyens

DANS LES ÉTATS MEMBRES

(états du "Sud" + Royaume-Uni)

Pallier les insuffisances des états dans le domaine de la protection sociale, et plus généralement du mieux-être de l'individu (santé, école...)
DANS LES ÉTATS CANDIDATS
Idem + souhait d'un développement économique et d'une hausse du niveau de vie
II Un désir de voir se développer des politiques communautaires (états membres et candidats)
dans les domaines de l'environnement, de la santé, de la défense du consommateur, de la lutte contre la criminalité et dans le contrôle de l'immigration

III Que penser des futurs élargissements ?

DANS LES ETATS-MEMBRES

la rupture "Nord"-"Sud" réapparaît

"Sud"

élargissement bien accepté surtout dans les états du sud géographique (malgré la crainte de voir les aides européennes diminuer).

mais évocation aussi parfois de la création d'un vaste espace "ingérable"

"Nord"
élargissement peu ou pas accepté -solidarité rejetée

DANS LES ÉTATS CANDIDATS proposition de textes pour aller plus loin

1) états engagés précocement dans les négociations

"États très favorables ou favorables"

Slovénie, Chypre, Rép. tchèque, Estonie

l'adhésion : une nécessité = espoirs et craintes mêlés

Hongrois

Les craintes dominent, fort pessimisme

Polonais

2) états engagés plus tardivement dans les négociations

"États très favorables ou favorables"

Roumanie; Slovaquie

Angoissés

Lettonie

 

L'Europe peut-elle faire face aux États-Unis ? carte

Ce qu'en disent certains Européens au cours des entretiens.

Pour compléter la carte, un article de Dossiers et documents du Monde n° 322, juillet-août 2003 (dossier 2 p.2) accompagné d'une carte sur la position des états européens face à l'intervention des États-Unis en Irak.

En majorité états membres et candidats souhaitent un renforcement du rôle de l'Europe sur la scène internationale, notamment face aux États-Unis.

"Nord"

États candidats

 

Valeurs à la fois historiques et culturelles qui distinguent l'Europe des États-Unis.
"Sud"

Etats-membres

et états candidats

Sentiment d' opposition forte : critique caricaturale vis-à-vis des États-Unis (sans histoire, fortement matérialistes).

France (défiance marquée : "tradition gaullienne".

certains états membres, méditerranéens (Espagne - Grèce).Allemagne (évolution marquée depuis une décennie).Beaucoup de pays candidats à l'adhésion.