Demain, quelle Europe ?

Étude de documents

Proposition de démarche pédagogique (géographie, classe de première)autour de courts extraits de conférences ou articles traitant de la question du fonctionnement futur de l'Union européenne (souvent appelée Europe) et d'un compte-rendu de débat émanant d'élèves.

Partie du programme L ES

I L'Europe des États

2. une communauté en débat : L'UE

Partie du programme S

I L'Europe des États et des régions

2. L'Europe des États et L'UE

Mots-clés

Territoire et identité /

Si l'Europe ne se laisse saisir dans aucune formule simple, du point de vue historique, géographique ou culturel, qu'est-elle ? Thierry de Montbrial1

Consignes fournies :

-Répondre aux questions suivantes :

1° de quelle manière les auteurs envisagent-ils l'avenir de l'Europe ?

2° le fonctionnement actuel des états qui la constitue doit-il changer ?

3° le statut politique de leurs habitants en serait-il modifié ? Justifier

4° Les auteurs partagent -ils tous à ce sujet le même point de vue ?

-Classer les solutions proposées quant à l'avenir politique de l'UE sous forme d'un tableau (l'objectif est ici d'orienter les élèves vers les termes de supranationalité; confédération / fédération; souverainistes...)

Trouver un titre à chaque document

-Pour élargir la question on peut imaginer d'utiliser le compte-rendu ci-dessous, afin dans un premier temps de le mettre en relation avec les documents proposés puis ensuite de faire réfléchir les élèves sur leur propre perception quant à l'avenir politique de l'UE.

Document 1 / L'avenir de la France, c'est l'Europe (ce titre n'est pas fourni aux élèves)

"L'avenir de la France, c'est l'Europe. Non pas l'Europe éphémère des grands conquérants, celle des Césars, des Habsbourg ou des Bourbons, celle de Charlemagne ou de Napoléon, mais l'Europe libre, cimentée par le consentement de ses composantes telles que l'histoire nous les a léguées, l'Europe respectueuse d'une diversité culturelle qui sera le socle de sa propre culture, qui sera source d'une fraternité fondée [...] sur la valorisation des différences. [...] L'avenir de la France, c'est l'Europe. Et pourtant, beaucoup de nos concitoyens redoutent cette perspective. Pour que la France soit à la hauteur de son avenir, c'est-à-dire qu'elle joue pleinement un rôle moteur dans l'édification européenne, il faut que les Français découvrent la plénitude de l'histoire en élargissant leur horizon spatial et temporel. Alors ils mettront l'idée nationale à sa juste place et pourront dire, avec Victor Hugo : " La France a cela d'admirable qu'elle est destinée à mourir, [...]. La France deviendra l'Europe."

1Extrait de Thierry de Montbrial, QUEL AVENIR POUR LA FRANCE ?, délégué de l'Académie des sciences morales et politiques, conférence tenue en septembre 2001 à l'Institut de France http://www.institut-de-france.fr/discours/montbrial2.htm

Document 2 / "Nous faisons l'Europe, il nous reste à faire les Européens".2 (ce titre n'est pas fourni aux élèves)

La construction européenne est un chantier permanent. Que ce soit par l'intégration de nouveaux pays, ou par la création d'éléments fédérateurs tels que, l'Euro. Mais l'Europe qui se met chaque jour en marche est aussi celle des hommes. [...] Notamment, la question s'est posée de savoir si les Européens avaient en commun un sentiment de citoyenneté, si une quelconque identité européenne les touchait. Rendre apparente cette citoyenneté est déjà moins facile. [...] Dans la réalité, les personnes sont un peu perdues et se posent de nombreuses questions. [...] Il suffit de constater l'engouement plus que relatif que constituent les élections européennes. Comment parler de citoyenneté quand les premiers intéressés, les citoyens, ne se préoccupent pas de leur destin commun ? Néanmoins, certains convaincus prêchent qu'il faut croire en l'émergence imminente d'un sentiment de citoyenneté. Le point fort de la construction d'une idée européenne, c'est l'Euro. [...] Mais ce qui donne le plus de poids à l'Europe depuis sa construction, en la distinguant de son adversaire économique américain, c'est la diversité culturelle, à travers les langues (40 langues et dialectes en Europe), les cultures et les religions.

Tiré de Sylvia Robert, L'Europe en quête d'identité ? Numéro spécial d'Atlantica, novembre 1998.http://www.crepac.com/memoires/Hourtin98/memoire/identite.htm

2 Titre emprunté à Thierry de Montbrial, op.cit qui paraphrase Massimo d'Azeglio, l'un des chefs du Risorgimento, qui s'écria lors de la première session du parlement du royaume d'Italie nouvellement unifié : " Nous avons fait l'Italie, maintenant nous devons faire les Italiens."

Citoyenneté européenne contre citoyenneté nationale ? (ce titre n'est pas fourni aux élèves)

On peut finalement, comme l'a dit Pierre Moscovici ( responsable du projet présidentiel de Lionel Jospin), "faire l'Europe sans défaire la France". Une petite phrase qui se traduit dans toutes les langues.

Extrait de Sylvia Robert, L'Europe en quête d'identité ? Numéro spécial d'Atlantica, novembre 1998. http://www.crepac.com/memoires/Hourtin98/memoire/identite.htm

Citoyenneté nationale et citoyenneté européenne ne s'opposent pas, mais au contraire, auraient plutôt tendance à s'articuler comme des poupées russes.

Extrait de Un nouveau monde : l'Europe Numéro spécial d'Atlantica, novembre 1998, extrait d'un résumé d'ouvrage coordonné par Françoise Parisot, Citoyennetés nationales et citoyenneté européenne, http://www.crepac.com/memoires/Hourtin98/memoire/citoyennete.htm

L' " identité française " et les trois conceptions de l'Europe

La première est celle de l' " équilibre européen " des 17e et 18e siècles qui prévoit un système d'alliance entre les nations sans aucun abandon de souveraineté mais autour de l'idée centrale de " coopération ".
La deuxième conception rarement avouée est celle de Napoléon : une Europe sous influence française.
La troisième version est celle de la conception fédérale : à savoir l'organisation d'une union autour d'une souveraineté partagée. Quel sera l'avenir de l'identité française en concurrence avec l'identité européenne ? Peut-être deviendra-t-elle plus tolérante, plus démocratique.

A partir de Thomas Ferenzi, Le Monde d'un siècle à l'autre, Plon, 2000

Extrait d'un débat réalisé entre des élèves de lycées français et italiens en mars 2003

Compte rendu du débat franco-italien sur la question de l'identité européenne.

Durant la semaine du 17 mars 2003, le lycée Jean Brito et plus particulièrement la classe de première littéraire ont eu le privilège de rencontrer des élèves italiens et d'engager un débat sur l'identité européenne.
Le compte rendu est plutôt positif puisque celui-ci a été riche et approfondi. Tout d'abord, nous avons pu remarquer que ce soit du côté italien ou français que l'identité européenne était importante, cependant l'origine nationale primait beaucoup plus. Suite à cette réponse, nous nous sommes demandés si certains d'entre nous possédaient plusieurs origines. Il s'est révélé qu'une italienne avait du sang vénézuélien dans les veines, et que deux Français avaient des antécédents gabonais et camerounais.
Ensuite, nous avons pu constater que pour les Italiens, il y avait une différence entre nos deux pays. Ils ont évoqué une " cassure ", au niveau culturel et au niveau de la langue et bien sûr de la pasta ! ! ! Ils ont tout de même ajouté que cette différence était nécessaire pour le respect de nos indépendances nationales. Durant l'allusion à l'importance culturelle, la question d'une seule et unique langue commune à tous a été soulevée. La réponse à cette question est que pour beaucoup la langue maternelle reste prioritaire, et donc par conséquent, l'idée d'une langue internationale ne pouvait être retenue. Nous nous sommes interrogés sur l'opinion familiale vis-à-vis de l'Union Européenne et ainsi nous nous sommes aperçus qu'en Italie, les opinions sont diverses. Certains parents ont peur car les pays ne sont pas tous d'accord, cependant ils veulent que le racisme disparaisse, tout en se battant pour la tolérance, le respect, la collectivité, le commerce à développer et leurs valeurs. Au cours de ce discours, une expression est apparue " l'égocentrisme d'un pays " ce qui nous a permis de discuter du couple franco-allemand. […] Et pour finir, à la suite de ce débat, nous avons conclu en disant que l'Union Européenne est un point positif et un grand pas en avant que ce soit pour la monnaie ou pour l'ouverture culturelle. Il faut tout de même avouer que le contact est plus facile, cependant il ne faut pas perdre ce qui est la base de sa propre culture. En effet, la pasta est la pasta et les crêpes sont les crêpes !

extrait du compte-rendu réalisé par Lauriana élève de première Littéraire au lycée Jean Brito