1er exemple de séquence

Textes retenus :
1. Christian Baudelot, Marie Cartier et Christine Detrez, Et pourtant ils lisent... (1999)
2. Italo Calvino, Si par une nuit d'hiver un voyageur (1981)
3. Les consignes des éditions Harlequin
4. Annie Ernaux, " L'écrivain en terrain miné" (25 avril 1985)
5. Balzac, Illusions perdues (1837-1843)

 

1ère partie :
Le lecteur.
Séance n°1 :
a) Questionnaire : Quel lecteur êtes-vous ? Que lisez-vous ? Relisez-vous ? Pourquoi lisez-vous ? Comment est organisée votre bibliothèque ? Comment lisez-vous ? Que retirez-vous de vos lectures ?
b) Synthèse et lecture du texte 1 : Et pourtant ils lisent...
Séance n°2 : lecture du texte 2 (Italo Calvino).
Séance n°3 : travail de groupes.
A partir d'une sélection de questionnaires, rédiger un portrait-type de lecteur de votre classe.
Séance n°4 : lecture du texte 3 : les consignes des éditions Harlequin.
Écriture d'invention : dresser le portrait-type du lecteur de la collection Harlequin.
Écriture d'invention : transposer une nouvellle de Maupassant en respectant les consignes des éditions Harlequin.
2ème partie : L'auteur.
Séance n°5 :
a) images de l'écrivain :
- littérature - spectacle : 15 mn de l'émission de B. Pivot / texte 4 : Annie Ernaux
- autre image : texte 5 : Balzac l'auteur et son œuvre réflexion sur la poésie
b) en groupes : retour critique (plaidoirie et réquisitoire) sur l'adaptation de Maupassant.

Séance n°6 : Écritures d'invention
- Visite du lieu de travail de l'écrivain en son absence (modèle : texte 2 : Calvino)
- Article de journal à rédiger : " Écrivain, est-ce un métier ? "
- Conseils à un jeune écrivain d'aujourd'hui (modèle : texte 5 : Balzac) [ Prolongements possibles : élaborer la 'recette' d'une série littéraire, ou d'une série pour la télévision, …]

 

Exemple d'écriture d'invention correspondant à cette séquence n° 1 (cf. : Sixième séance).
Sujet : Visite du lieu de travail d'un écrivain en son absence (modèle : I. Calvino).
(En italiques soulignés : les emprunts au texte d'I. Calvino.)

Voyons les livres. La première chose qu'on note, du moins à regarder ceux que tu laisses à portée de la main, c'est que chez toi les livres ont pour fonction d'être consommés immédiatement. Pas de rayonnages ordonnés. Des cartons, éventrés à la hâte, des piles, à même le sol, et même sur ce gros frigidaire démodé quoi trône curieusement dans ta bibliothèque J'en ouvre la porte. O surprise : tu y as mis quelques nouvelles au frais, une Véra en peau de chagrin, une Ligeia en attente de résurrection. Dans la cheminée brûle un beau feu purificateur. Sur une broche grésillent quelques Diaboliques empalés à la va-vite.
Tu as l'air, en somme, d'être un Lecter-qui-lie-et-qui-relie les fonds de sauce les plus obscurs de l'âme humaine ; un Lecter qui a de l'estomac. Lectrice, dresse l'oreille. Une étrange mixture sonore s'introduit dans tes tympans délicats : le raffinement des Variations Goldberg se mêle aux gargouillis sordides du fluide ventral du frigidaire. Un soupçon te gagne et te voici qui alimentes ton anxiété de femme appétissante qui ne s'accepte pas encore comme telle. Entre Clarisse Harlowe et Manon Lescaut, à quelle sauce te mangera-t-il ? Avec un tel Lecter, tu vis, tu meurs, tu as chaud extrême en endurant froidure. Mais non, la lecture n'est pas solitude. Elle est communication péridurale à travers le canal creusé par les mots d'autrui, lente et dangereuse ingestion de sa moelle follement substantifique, amoureuse consumation des sucs vitaux de sa pensée. O luxe, calme et volupté…

Signé : Hannibal Lecter, dit Le Cannibale

N.B. : Ce texte a été produit par les professeurs stagiaires.

Sommaire

Séquence 2



Oeuvre reproduite : Le Scribe accroupi, Musée du Louvre, Paris.